Echange culturel et cours de Coréen
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Lors de mon premier séjour en Corée, un constat s’est vite imposé. Séoul est bruyante. Bien entendu, comme toute capitale, le fond de l’air est rythmé par ce constant bourdonnement ou les moteurs d’avion et de véhicules terrestres en tout genre se mêlent au bruit d’une foule en mouvement. Ajoutons à tout cela le volume suffisamment élevé des voix coréennes, dont les conversations semblent vouloir être entendues de part le monde et les mélodies entêtantes diffusées par les innombrables boutiques et vous obtenez ce magma incessant, qui, à l’image de la ville, ne dort jamais. Mais cette vie bruyante ne se limite pas au plus banal, s’il en est, des environnements extérieurs, mais a même envahi au plus profond le quotidien et les habitations des Coréens. Dans les chambres, les climatiseurs ronronnent, les cuisines regorgent d’électroménager dernier cri, aux mélodies indicatives de leurs états, tout comme ceux présents dans les buanderies, les serrures électroniques chantonnent les notes d’ouvertures et fermetures, les ascenseurs sonnent les étages, jusqu’au toit ou ici encore les climatiseurs, travaillent au bon déroulement de cette symphonie. De jour comme de nuit, les ondes transmettent les messages et les téléphones entonnent leurs sonneries, les émissions de télévision se font entendre des restaurants alors que le vendeur de chaussures du coin de rue profite de l’occasion pour passer les derniers tubes à la mode sur des enceintes puissantes et mal équilibrées, les fréquences s’accumulent les unes aux autres.

Quartier de Hongdae de nuit

Quartier de Hongdae de nuit

La musique occupe aussi une présence constante, mais elle est à mon sens plus affaire d’exutoire social en tout genre, que d’engouement artistique. Il suffit de se rendre dans un des « Nolaebang » qui font légion, un night-club où le volume de diffusion frôle l’entendement voir parfois le douloureux, ou encore de se promener dans un quartier de vie nocturne où les mini concerts de rue se parasitent littéralement les uns à côtés des autres, pour se rendre compte du phénomène.
Mais, si bruyante soit la ville, les sons ont bel et bien une dimension symbolique et communicative. Les infrastructures sont ici pensées pour informer toujours plus rapidement, j’en veux pour exemple le simple fait de prendre le métro.
En plus des nombreuses annonces indiquant l’entrée en gare de la rame, le nom de la station destinatrice, le nom de la station actuelle et même le côté de l’ouverture des portes (apprendre à dire gauche et droite en devient une simplicité enfantine), il n’est pas rare d’entendre une musique à l’approche de certaines stations. Ces sortent de petit jingle, au passage des plus entêtants, sont là pour informer, avant même d’entendre le nom de la station, de la possibilité soit d’un transfert de ligne quelconque, ou encore l’accès à la très pratique ligne circulaire de la ville. Quand on connait la passion effrénée des Coréens pour l’infernal jeu du « regarder de smartphone », cette information sonore prend alors tout son sens.
Et du sens, de l’intelligibilité, il en est ici. L’avertisseur des divers véhicules d’urgence, qui soit dit au passage semblent être inspirées de jouet pour enfant en bas âges, les sonnettes d’appel de serveur dans les cafés et restaurants, les passages pour piétons, les distributeurs en tout genre, les boîtiers des livreurs postaux, tout est prétexte ici à faire entendre quelque chose et bien que l’on y prête plus aucune attention, sont bel et bien généralisés. Parfois, retentit au loin, une sirène assourdissante qui, bien que ne perturbant en rien le comportement des Coréens, rappelle inévitablement le contexte Géopolitique si particulier de la Corée.

Une chanteuse de rue à hyehwa

Une chanteuse de rue à hyehwa

Finissons par une note plus poétique et pour laquelle j’ai développé presque une véritable fascination, c’est ce bruit qui s’élève lors de la période estivale et qui englobe par certain moment et dans certains endroits le reste du paysage sonore. Ce bruit n’est autre que le cri des cigales, présentes en masse, même au beau milieu des grandes avenues commerçantes. Alors qu’en France, elles sont synonyme de sud et de soleil, ici elles sont pour les coréens une source de pollution sonore de plus. Mais cette mélodie est bien différente de ce qu’on peut entendre au pays du mistral, massive, puissante, et pourtant subtilement douce et reposante, presque transcendante. La première écoute est déroutante, pourtant ce son électrique, synthétique semble être parfaitement à sa place ici, tant il se confond et se marie parfaitement avec l’environnement ambiant, à savoir une modernité écrasante ou le naturel cherche pourtant à y conserver une place importante.

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